Le festival
Jacques-Henri DAVID, président
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Amateur de musique classique et d’opéra, Jacques-Henri David a soutenu personnellement, ou à travers les entreprises qu’il a dirigées, de nombreuses productions d’opéra. Il a notamment été mécène de l’AROP (Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris). Il a soutenu la dernière production de la Tétralogie de Wagner au Festival d’Aix-en-Provence, dont Deutsche Bank était l’un des mécènes principaux. Il a aussi contribué au soutien du Festival de Musique Baroque de Versailles.

2010 : fondateur de la société ACXIOR Corporate Finance
1999-2009 : Président du groupe Deutsche Bank France et Vice Chairman de la Division « Global Banking » de Deutsche Bank AG
1995-1999 : Président du Directoire du Crédit d’Equipement des PME, de SOFARIS, et de la Banque du Développement des PME, aujourd’hui OSEO
1993-1995 : Directeur général de la Compagnie Générale des Eaux, aujourd’hui Veolia environnement
1989-1992 : Président – directeur général de la Banque Stern
1985-1989 : Directeur financier, puis directeur général de la Compagnie de Saint-Gobain
1981-1985 : Secrétaire général du Conseil National du Crédit à la Banque de France
1979-1981 : Conseiller technique, directeur adjoint, puis directeur de cabinet de René Monory, ministre de l’Economie et des Finances
1975-1979 : Inspecteur des finances au Ministère de l’Economie et des Finances
1968-1975 : Chef du service d’Etudes Econométriques et de Recherche de la Banque de France
1967-1968 : Administrateur de l’Insee
Jacques-Henri David est diplômé de l’Ecole Polytechnique, de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris et de l’ENSAE

Distinctions et Décorations :
Commandeur de l’Ordre de la Légion d’Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite
Jean-Philippe Audoli, directeur
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Quatrième génération d’une famille de musiciens, Jean Philippe Audoli reçoit dès l’âge de 13 ans, l’enseignement de Christian Ferras au Conservatoire National Supérieur de Paris puis de Sergiu Celibidache et Isaac Stern aux Etats-Unis.

Il est depuis 1987, le premier violon du Quatuor Ludwig, première formation européenne à intégrer une université américaine au titre de « quatuor en résidence » à l’Université de Yale (USA).

En 1992, le Quatuor Ludwig sera le premier ensemble français à devenir « Quatuor en Résidence » et à enseigner au CNSM de Paris, il est désormais reconnu comme l’un des meilleurs de sa génération. 

Jean-Philippe Audoli a enregistré 28 disques avec lesquels il a obtenu 3 Grands Prix Internationaux du disque, le prix du MIDEM et a reçu de nombreuses récompenses de principales revues musicales (Diapason d’Or, Choc du Monde de la Musique, ffff Télérama, 10 de Répertoire).

De 2005 à 2007, il est nommé conseiller du ministre Azouz Begag. Son champ d’attribution est la culture et les médias. Il développe alors de nombreux projets pour le compte du cabinet du Premier Ministre.

Ces dernières années, il est mandaté par de nombreux organismes pour la conception de projets culturels et politiques. Il est ainsi le concepteur du projet « Saint-Étienne - Capitale Européenne de la Culture ». Depuis 2008, il est chargé de mission auprès du Haut Conseil à l’Education Artistique et Culturelle.

Il fête en 2012, son 26ème anniversaire au sein du Quatuor Ludwig et son douzième anniversaire comme directeur du Festival du Château de la Moutte à Saint-Tropez.

Sa carrière de soliste s’étant développée ces dernières années, il est amené à assurer plus de 80 concerts chaque année. En 2011, il est nommé directeur de la Fondation M.A.M pour la création d’une Maison des Musiques d’Afrique et du Monde à Abidjan.
François MICHIELS, délégué général
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François Michiels est un "fils de pub". Dès sa sortie d'HEC il débute sa carrière chez Young et Rubicam, puis TBWA. En 1973, il fonde sa société - Market Place - dont il fera le leader et la référence de l'événementiel enFrance, puis en Italie et en Espagne.

En 2000, il rencontre Jean-Philippe AUDOLI qui lui fait découvrir, à quelques pas de sa maison de vacances, le château de La Moutte. Conquis par la personnalité d'Annette Troisier et par le charme du lieu, il décide, à la demande d'Annette et de Jean-Philippe de reprendre avec celui-ci l'organisation des concerts au château. Et de développer simultanément le projet d'une École Internationale de Musique pour de jeunes musiciens qui, malheureusement, ne verra pas le jour.

Leur énergie se tourne alors entièrement vers la réalisation des concerts de l'été qui deviennent peu à peu l'évènement que l'on connait aujourd'hui, avec ses huit concerts dont deux sur la plage des Canoubiers qui apportent chaque année cet ajout évènementiel si cher à François Michiels.

Délégué Général du Festival, François Michiels réside à Saint-Tropez. Il occupe une grande partie de ses loisirs aux commandes de son vieux biplan d'époque qu'il présente dans tous les meetings aériens de la Région.
Histoire du Château de La Moutte
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Situé sur la commune de Saint-Tropez, le domaine du Château de La Moutte s’étend sur une superficie de quatre hectares, à trois cents mètres de la plage des Salins.
Cette propriété exceptionnelle, au coeur d’une superbe palmeraie centenaire, est acquise et restaurée en 1860 par Émile Ollivier, alors Premier des Ministres de Napoléon III. Il épouse en premières noces Blandine Liszt, fille de Franz Liszt et soeur de Cosima Wagner. Dès lors, s’instaure en ce lieu une tradition musicale de prestige où les artistes et le public ont la liberté de se rencontrer.
La bibliothèque constituée de plus de 4 000 ouvrages, a été conservée en l’état. Elle reste régulièrement consultée par de nombreux étudiants et historiens.
En décembre 1998, le Conservatoire du Littoral reçoit en donation de Mme Troisier de Diaz, petite fille d’Émile Ollivier, le domaine du Château de La Moutte dont la gestion est confiée depuis février 2007, à la ville de Saint-Tropez. Le château est quant à lui classé «monument historique ».
Le Saint-Tropez des musiciens
Un aspect quasi inconnu d’un Saint-Tropez si attachant et si secret

La fête et les paillettes collent toujours à l’image de la Côte d’Azur et à lui seul le village de Saint-Tropez les porte aujourd’hui à leur paroxysme. Mais qui sait encore que c’est le 12 avril 1887, à onze heures du matin que l’un des plus grands écrivains et dandy du XIXème siècle, le riche et célèbre Guy de Maupassant, grand amateur de femmes, amarre son voilier Le bel ami sur le quai du port de Saint-Tropez.

Dans son livre : Sur l’eau paru la même année, il nous laisse l’une des plus belles et des plus émouvantes descriptions du village: « C’est là une de ces charmantes et simples filles de la Mer … poussées dans l’eau comme un coquillage, nourries d’algues et d’air marin.»

Dans son sillage, ce sera bientôt au tour de L’Olympia, le voilier du peintre Paul Signac de jeter l’ancre dans la baie des Canoubiers en 1892. (C’est l’année où naît une grande pianiste Germaine Tailleferre qui s’installera elle aussi à Saint-Tropez dans le quartier de la Pierre plantée.). Son voilier, Signac le surveille depuis sa maison La Hune qui surplombe la petite plage des Graniers. C’est ici qu’il hébergera Dunoyer de Segonzac, qui après la Première Guerre Mondiale n’aura de cesse de revenir à Saint-Tropez pour s’y installer définitivement non loin de la chapelle Sainte- Anne. Matisse, Marquet, Cross et Derain feront partie du cercle tropézien de Paul Signac.

On sait moins que cette fête fut aussi celle d’une toute petite élite entre les deux guerres mondiales.
Qu’en 1925, la grande Colette achète sur la route des Salins une maison nommée Tamaris les pins qu’elle rebaptisera La treille muscate, nom qu’elle donnera à l’un de ses livres célèbres. Entre jardinage, farniente et baignades, cette maison qui l’enchante lui inspirera La naissance du jour et Bella vista. Elle ne manque pas pour autant de s’amuser, de régaler ses amis en herbes exquises, en légumes de son potager sans oublier les tartines frottées à l’ail dont elle raffole. Les invités sont nombreux : Paul Géraldy, Francis Carco, Dunoyer de Segonzac, Luc-Albert Moreau, Joseph Kessel, Simone Berriau. Incontournables aussi : les dîners très courus à L’Escale de Mado où l’un des clous de la soirée est de nommer reine celle qui glisse autour de son cou le plus beau collier de spaghetti fait de ses mains, les virées chez Palmyre où Colette danse un galop effréné autour d’un piano mécanique en compagnie de Mistinguett.

Une fois de plus, travail et loisir sont mêlés. Ce sera « le clan des Canoubiers », comme il y a aussi « le clan Valfère », celui des musiciens. On le doit au grand compositeur Louis Durey découvert par Maurice Ravel en 1918, l’aîné du fameux « groupe des six » auquel une seule femme participe, la pianiste Germaine Tailleferre. A Paris, Germaine Tailleferre est l’amie d’Arthur Rubinstein et de Charlie Chaplin. Elle rencontre fréquemment Apollinaire, Paul Claudel, Paul Valéry sur les textes desquels elle composera à Saint-Tropez où elle poursuit son œuvre musicale et ses sonates pour piano. C’est à cette époque qu’ont lieu les fameuses soirées musicales de Valfère, un lieu où se côtoie tout ce que le monde artistique compte de talents. C’est dans ces années- là que Louis Durey se marie et se fixe à Saint-Tropez où il composera son unique comédie lyrique : L’occasion, en 1923. Mais aussi, des sonatines pour piano, des quatuors à cordes, et plusieurs œuvres jamais sorties de ses cartons. Il mourra à Saint-Tropez où le cimetière marin est sa dernière demeure.

Puis vient le Saint-Tropez intellectuel de l’immédiat après -guerre. Le port détruit, Boris Vian prend ses quartiers à La Ponche. Il fréquente le bar du même nom et suggère aux propriétaires des lieux, Lucien et Marguerite Armando de créer une cave comme à Saint- Germain des Prés. Enchantés, les copains mettent la main à la pâte, le peintre Dany Lartigue le fils de Jacques -Henri, son beau -frère Daniel Gélin, s’attellent au projet. Paul Eluard, Juliette Gréco, Pierre Brasseur sont de la fête, avec toujours aussi peu de moyens. Mais qu’importe, le charme opère : un saxophoniste américain noir Don-Byas, que Boris Vian a rencontré dans les caves de Saint-Germain à Paris, enchante désormais les nuits du « club Saint-Germain des Prés, La Ponche » bientôt résumé à « La Ponche des Prés », comme certains le surnomment.

Sur Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Claude Lanzmann écrit dans son livre intitulé : Le lièvre de Patagonie : « Au printemps 1953, ou plutôt à l’avant printemps, nous partîmes tous les trois pour Saint- Tropez sous le prétexte de prendre du repos, qui consistait en fait pour Sartre en un travail acharné, plus soutenu qu’à Paris parce que plus tranquille .Saint- Tropez était délicieux et vide nous logions à l’hôtel de La Ponche, Sartre y avait sa chambre, le Castor et moi la nôtre ». C’est l’époque où, sur la terrasse de La Ponche, à l’heure de l’apéritif, Mouloudji et Jacques Douai mettent leur mélancolie au diapason des roses et des mauves du soir. Des années plus tard, Claude François et Sacha Distel suivront et bien d’autres baladins.

Puis c’est au tour de Françoise Sagan de devenir tropézienne en 1954. Sa notoriété, sa bande, ses fêtes font la une de Match et du journal Elle. Pourtant elle aussi compose des chansons pour son amie Juliette Gréco. Vers cinq heures, par une porte dérobée, à l’heure où la boîte de nuit fait la sieste, Sagan se met au piano et Juliette Gréco répète. Elle lit, travaille aux scénarios de ses films : Bonjour tristesse, La chamade, Aimez vous Brahms. Pendant ce temps, à ses côtés, « Michel Magne écrit des symphonies pour cors et bassons ».
Ce témoignage est de Sagan elle-même dans son livre Avec mon meilleur souvenir au chapitre Saint-Tropez, acte II, l’année où Vadim tourne : Et Dieu créa la femme. En 1956, les 16,17 et18 juin Orson Welles est heureux de se retrouver par hasard à Saint-Tropez où il racontera, dans un petit carnet illustré de croquis faits de dessins aquarellés rehaussés de gouache, la fameuse Bravade tropézienne, un cadeau qu’il fait à sa fille Rebecca qu’il a eue de son mariage avec Rita Hayworth.

Puis, nous voilà dans les années 60. Marguerite Duras loue une maison à Valfêre. Elle y écrit : L’après-midi de Monsieur Andelmas. Sagan a demandé à Bernard Buffet d’illustrer son texte Toxiques. Herbert Von Karajan achète à Madame Debat-Ponsan, La Palme, une villa en bordure de mer dans la baie des Canoubiers, non loin de La treille muscate si chère à Colette et au peintre catalan Antoni Clavé avec lequel le couple Karajan se lie d’une belle amitié. Eliette, son épouse l’écrit : « Saint-Tropez a toujours beaucoup compté dans notre vie. Herbert aimait son climat, appréciait le confort de notre maison et la beauté du jardin que les fleurs embaumaient. » Le célèbre chef d’orchestre a lui aussi son image d’Epinal à la manière tropézienne : sa maison a une piscine d’eau de mer chauffée où viennent plonger Greta Garbo, Romy Schneider. Quant à Régine Crespin, elle préfère lui emprunter son cabriolet Porsche dernier modèle pour une virée dans les Maures. On le voit aussi aux commandes de son avion à réaction qu’il pilote lui- même pour atterrir sur le petit aéroport de La Môle, ou à la barre de son superbe voilier de 24 mètres et d’une voilure de 830 m², Hélisara, avec lequel il gagne plusieurs fois la Giraglia et d’autres régates de prestiges. Herbert Von Karajan ne néglige pas non plus, les grandes soirées mondaines du peintre Vincent Roux, tout pourrait laisser à penser que le farniente et le plaisir seuls obligent ! Cependant, dans son livre : A ses côtés, Eliette son épouse, écrit : « Une tour avait été ajoutée à cette maison de plein pied. Là il trouvait le calme nécessaire pour étudier ses partitions, fixer le calendrier de ses tournées, se livrer à la méditation, faire ses exercices de yoga et s’adonner à la lecture. Tout y était conçu pour répondre à ses aspirations. La porte une fois fermée, la pièce était complètement insonorisée ; toute une installation technique composée d’une chaîne hi-fi, d’un téléviseur, d’un magnétoscope et d’un magnétophone à bandes Huer, lui permettait d’écouter la musique sur de multiples canaux, à partir de n’importe quel support d’enregistrement et avec le volume sonore de son choix. ». Puis écrit Sagan dans Avec mon meilleur souvenir en 1980 :
« La folle débauche de l’argent qui arrive très vite ostentatoire et implacable …Que toute plage n’existe que si ses matelas sont payants » … dans son chapitre sur Saint-Tropez, Acte I.

Pourtant, il y a au Château de La Moutte qui jouxte la plage des Salins et l’étang du même nom, une dame Annette Troisier de Diaz qui résiste à toute cette débauche de l’argent. Avec La princesse de Grèce, sa voisine, elle loue la plage à la municipalité, justement de peur de voir s’installer des matelas payants. À charge pour elle de passer chaque jour avec sa vieille 2CV Citroën pour ramasser les papiers gras et autres détritus laissés derrière eux par des indélicats. Il faut coûte que coûte respecter le repos et la mémoire de son grand -père l’illustre Emile Ollivier, ministre de Napoléon III, auteur de L’Empire libéral. Sa tombe ne domine- t-elle pas la plage de sable fin ?) Respecter et faire vivre dignement, sans moyen et sans argent ce domaine magnifique dont il tomba amoureux et où sa première femme Blandine, la fille de Franz Liszt et de Marie d’Agoult, mourut en couches.

Le château n’abrite t-il pas aussi une table offerte par Richard Wagner, le beau frère de Blandine, (Il avait épousé sa soeur Cosima) sur laquelle il avait écrit Lohengrin ? Ce beau domaine qu’Emile Ollivier avait embelli par la construction de La Toscane et de somptueuses allées de palmiers altiers. Pour tous ces souvenirs si chers au coeur de La dame de La Moutte, aucun sacrifice ne sera assez douloureux.
Afin de sauver le château et de gagner un peu d’argent, elle invite des musiciens, les héberge, leur fait la cuisine et organise des concerts payants pour survivre et continuer la grande tradition de ses ancêtres. Sans descendance, elle cèdera son patrimoine au Conservatoire du Littoral afin de garder intacts le château, sa magnifique bibliothèque d’époque, (elle contient 4500 ouvrages) et le parc. A charge pour la Ville de Saint-Tropez qui en a la gestion de perpétuer ses voeux les plus chers : continuer les concerts sous la houlette du musicien virtuose Jean-Philippe Audoli, recevoir des musiciens, héberger également des chercheurs et des étudiants dans la Toscane réhabilitée.
Le rêve de La Dame de La Moutte se réalise enfin.

Simone Duckstein

L’Hôtel de la Ponche, un autre regard sur Saint-Tropez de Simone Duckstein est paru en juin 2008 aux éditions du Cherche-Midi
La mémoire du lieu
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« Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui te es, il est vrai. Mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis »
(François Mauriac)

Il est des lieux dont la mémoire se perpétue grâce à ceux qui les ont habités. À une époque où l’on s’interroge beaucoup sur la notion de patrimoine immatériel et de lieu de mémoire, le Château de La Moutte offre une occasion privilégiée de se pencher sur la mémoire musicale — patrimoine des plus immatériels s’il en est — et ses « vecteurs ». Le domaine tropézien est bien connu des festivaliers pour son parc exceptionnel, écrin privilégié des concerts estivaux. Mais sait-on assez que le château renferme une bibliothèque, transmise de génération en génération jusqu’à Anne Troisier de Diaz, qui en fit don, avec le reste de la propriété, au Conservatoire du littoral ?
Cette bibliothèque fut l’objet de toutes les attentions d’Émile Ollivier. En 1868, alors qu’il est en train de la constituer et de l’aménager, il écrit à la princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein, une fidèle amie et la compagne de son beau-père Franz Liszt, qu’il souhaite en faire un temple de l’étude et de la connaissance pour son jeune fils Daniel :

« J’ai construit une grande bibliothèque : sur la cheminée au lieu de glace, je veux mettre comme une invitation perpétuelle au travail pour le petit, l’École d’Athènes de Raphaël. Et au-dessus les deux figures de la Justice et de la Poésie prises aussi de l’immortelle Stanza. J’ai les photographies, je voudrais les gravures. Cela doit se trouver dans de bonnes conditions. Si vous voulez faire ce cadeau au petit, en écrivant au-dessous une maxime signée de vous sur la sainteté du travail, vous m’aurez aidé à donner à mon enfant l’enseignement que je considère comme le meilleur. Il doit y avoir dans les livres de bouddhisme ou dans vos livres, quelque belle maxime contre la paresse. Je voudrais que vous la découvriez et que vous l’inscriviez au-dessous de la divine Apothéose de mon cher Raphaël. »

« Qui studet orat » : « Qui étudie prie », propose la princesse en citant saint Clément d’Alexandrie. Qu’en est-il, en réalité, de cette devise ? Et de la présence du « cher » Raphaël, dont l’œuvre était un modèle pour Émile Ollivier ? Quelle est l’importance de Liszt, et plus généralement celle de la musique, dans cette bibliothèque ? L’étude et la culture étaient pour Émile Ollivier des conditions absolues d’un bon homme politique, d’un artiste et plus généralement d’un homme accompli.

S’imprégner de l’atmosphère et du « génie du lieu » de cette mystérieuse bibliothèque où passèrent Liszt et Wagner, Émile Ollivier, leurs amis et leurs descendants, raconter leur histoire et celle du château à travers les livres qui y sont conservés, les étudier et les relier à ce que nous savons des grands hommes qui les ont lus et tenus entre leurs mains, peut-être en les annotant : voilà le but de la résidence que le festival ma confiée, et que je suis heureux d’entamer.

Le Château de La Moutte est un lieu de mémoire privilégié où règne l’esprit d’une alchimie particulière, fruit de l’équilibre entre les bâtiments, leur histoire et la nature. Les livres, témoins endormis, peuvent nous apprendre beaucoup sur ceux qui les réunirent et qui les lurent, tout en ouvrant les portes d’un lieu à redécouvrir et dont l’histoire peut être racontée à travers eux.

Nicolas Dufetel, musicologue
L'association
Bureau de l'association NCM - "Les Nuits du Château de la Moutte"
  • Jacques-Henri DAVID
    Président
  • Jean-Philippe AUDOLI
    Directeur
  • Raymond-François LE BRIS
    Vice-Président
  • Gilles DESANGES
    Secrétaire Général
  • Simone DUCKSTEIN
    Vice-Présidente
  • David FLORENTIN
    Administrateur
  • Axel GANZ
    Administrateur
  • François GREGOIRE
    Secrétaire Général Adjoint
  • François MICHIELS
    Vice-Président Trésorier
  • Catherine PALEY-VINCENT
    Administratrice
  • Philippe DENNERY
    Administrateur
L'équipe
  • François MICHIELS
    Délégué général
  • Capucine MICHAT
    Chargée de production et de billetterie
  • Romain RIVALAN
    Régisseur général
  • Stéphane PRADELS
    Régisseur site
  • Suzon MICHAT
    Assistante régisseur 
  • Mireille SYMONDS
    Chargée de la coordination locale
  • Alix DURAND-VIEL
    Stagiaire communication
  • Emmanuelle CABIN SAINT MARCEL
    Stagiaire communication
  • Leidana ABDALLAH
    Assistante administrative
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